Dossier

Insubordonné insidieux

Faute d’avoir intégré ces principes disciplinaires, ce journaliste a été viré en avril 2008 pour « insubordination insidieuse », pratique de « l’ironie », et même « langage non verbal » mettant apparemment dangereusement en cause la hiérarchie imposée. Un licenciement individuel qui cache mal le malaise général subi et partagé par les autres salariés, ainsi que les étudiants étrangers conviés pour six mois de formation dans cette atelier de formation au journalisme radio.

periheries

Le licenciement s’est fait avec perte, fracas, et huissier. Il a finalement été étayé par des motifs inconsistants, qui n’ont pas le moindre fondement en droit du travail. Un exemple du mépris du droit dans les petites structures, PME associatives, où la dimension humaine, collective, coopérative, est niée au profit d’une idée rigide de la docilité. Seule la moitié des six administrateurs de l’association a voté pour le licenciement. Les tensions ont suivi au sein de l’association et certains ont claqué la porte pour exprimer leur désaccord avec les méthodes patronales expéditives.

En janvier, ces cinq salariés de la radio, le webmaster, les deux journalistes, la comptable et le technicien ont donc écrit une lettre protestant contre « tant d’autoritarisme, d’ordres impulsifs et catégoriques, de colères, de manque de respect et de vexations.

Mise à pied et huissier

Devant cette réprobation collective du management, l’association a préféré couvrir sa directrice, en tentant de la faire passer pour victime, psychologiquement atteinte, pour tenter d’inverser les jugements à l’extérieur de la structure. Cette mise à pied conservatoire, qui va s’avérer sans le moindre motif, sans même l’ombre d’une raison, est donc parfaitement abusive. Avec ces exemples dérisoires, la lettre de licenciement prétend faire l’inventaire des « piques » inadmissibles qui mettraient donc en danger l’entreprise. Le code du travail ne connaissait pas encore le concept d’insubordination insidieuse, ni le poids de l’agression non-verbale à coups de sourcils haussés. Se défendant pourtant de « jouer les apprentis sorciers » en matière de droit du travail, les dirigeants de cette radio ont donc choisi d’avoir tort sur toute la ligne, en lançant une procédure perdue d’avance. Ce qui ne leur coûtera qu’une facture à payer après jugement des prud’hommes. Pas besoin de dérèglementation du droit du travail, de procédures super assouplies pour virer les salariés qui ne triment pas au garde à vous.